Dans mon immeuble, y’a une nana qui détonne un peu. Non pas par sa chevelure blonde, mais par un timbre de voix reconnaissable entre mille, à la fois doux et grave. Autour de Valérie, s’agitent des artistes comme Sébastien Lafargue ou Miossec. Autour de Valérie, vrombissent des volcans et sonnent des instruments plus ou moins orthodoxes : une guitare pendulaire aux colorations latines, des percussions légères, des frottements, un banjo...Moi, j’aime bien tourner Autour de Valérie.
Sa chambre est intime, cohérente, et chaude. Des fois, la température grimpe tellement que l’on se croirait au bord d’un volcan, d’un chaudron (caldeira en portugais, titre de l’album). Elle parle sans cesse de ce chaudron, dans lequel elle a préparé ses nouvelles potions...euh, chansons. J’ai cru que l’idée de venir habiter à Saint-Etienne l’avait inspirée, mais non, ce qui lui plaisait dans le chaudron c’était qu’il fallait s’en approcher de très près pour voir le bouillonnant spectacle, au risque de se brûler...Rien à voir avec des types en vert qui jouent au ballon...Quoique...
Autour de Valérie, et en bas de ses falaises, tombent des tourments et torrents amoureux comme L’eau du Gange. Ma voisine a l’élégance et la discrétion d’un chat, on se comprend facilement, juste à travers nos beaux yeux. La concierge ne cesse de me dire qu’elle s’appelle Lucie, et non Valérie. Je lui explique à chaque fois que
Autour de Lucie était le nom de son ancien groupe, et que, maintenant c’était au tour de Valérie...Elle a visiblement du mal à percuter !