Sa venue en 2003 avait charmé le public du Festival, malgré des soucis techniques qui avaient obligé la chanteuse à déplacer son concert d’une journée. Cette gentillesse-là et cette grâce toute féminine se retrouvent sur scène.
Souad Massi née il y a trente ans à Bab-el-Oued chante parce qu’une chanson sert à donner espoir : « Si j’étais un oiseau, je volerais haut dans les cieux. »
Traduit de l’arabe, cela donne des images comme une écolière peut en tracer à l’encre violette sur ses cahiers. Qui pourrait se douter, en entendant cette voix cristalline, que Souad était fan d’Emmylou Harris et d’AC/DC, et que ses premières compositions (chant et guitare) étaient pour un groupe de hard rock ?- sa mère pensait qu’elle faisait de la guitare arabo-andalouse.
Pour rimer et non pour résumer, Souad Massi, c’est une musique étonnante, chantée par une voix émouvante. Un timbre rare qui module quelques thèmes graves d’une manière folk, un peu bluesy. Passant de la douceur d’une berceuse à la révolte, la musique pour elle n’est pas un symbole ou un outil politique, c’est une force de vie ! On lui prêtera facilement le charme et la conviction d’une Tracy Chapman ou d’une Joan Baez, mais qui en plus parvient magnifiquement à briser les barrières du langage et des cultures !