Vendredi 29 mai à 20h30 / Zénith
Première partie de Bénabar
Saule peut être pleureur, fragile, cendré, herbacé, pourpre ou blanc. Il préfère les sols légers et humides, et possède une écorce dont les vertus curatives sont connues depuis l’Antiquité. Tout le monde aime le saule, à la fois familier et énigmatique, simple et esthétique. Ce n’est donc pas un hasard si le chanteur dont nous allons parler ici, s’est choisi ce judicieux sobriquet. Pour le double sens (saule, l’arbre, se prononce comme « soul », l’âme) mais aussi pour l’ambiance boisée qui se dégage de ses chansons. Le bois de sa guitare, les racines de sa musique, entre folk, rock et blues. Saule, le chanteur, alias Baptiste Lalieu, a grandi dans le plat pays de Brel, entre un papa belge fan de Frank Zappa et de Led Zeppelin, et une maman sicilienne amoureuse de Barbara et de Gainsbourg.
Un shaker musical qu’il a vite épicé de ses propres découvertes, du rock hardcore à l’electro dance-floor. Car Saule est un véritable boulimique de musique. Aujourd’hui encore, il amasse les disques chez lui avec la frénésie d’un entomologiste en quête de la découverte rare. Comme il dit, « aucun style ne me rebute, pourvu qu’il m’émeuve ». On remarque vite ce grand gaillard aux allures juvéniles et au timbre candide, qui égrène sur des tempi de bossa sensuelle et des volutes de cordes en nylon des histoires de dame pipi poétique, de baisers étoilés, de bal des timides et de moineaux épatés. Aujourd’hui, Saule publie enfin son deuxième album. Boisé comme le précédent, mais au feuillage plus ample, plus touffu. Sous la houlette du réalisateur Seb Martel, le voilà qui étoffe ses sous-bois mélodiques : ici, un zeste d’Ennio Morricone, là des effluves africaines ou jamaïcaines, ailleurs des arpèges qui fleurent bon les seventies folk ou des guitares mordantes qui rappellent le groupe Calexico.
Album : Western