Au deuxième étage vit un homme étrange, il se fait appeler Syrano, et doit avoir 25 ans. La concierge m’a dit qu’il s’appelait Sylvain et qu’il était fabricant de marionnettes, mais pas de celles qui font rêver les petits, plutôt des jouets mutilés et angoissants, paraît qu’il s’en sert de décor quand il est sur scène.
Son appartement ressemble à une chambre d’enfant macabre tapissée d’affiches de Tim Burton. Il passe ses journées à jouer avec les mots et vu qu’il est plutôt énervé, il fait du rap avec cinq de ses amis. Le phrasé est hip-hop, la musique balance sur des airs d’accordéon, de violons et de guitare.
Comme je manque toujours de tendresse dans ma vie, depuis que mon maître est parti, je grimpe l’étage qui nous sépare pour lui en demander, l’ascenseur étant toujours en panne à cause du fou du dernier étage. Syrano est en train de dessiner et de fabriquer des chansons, l’un n’allant pas sans l’autre. Il est dans sa bulle, à peine s’il me remarque.
A ses pieds, s’étalent des disques d’IAM, de Cypress Hill, de Brel et de Java. D’un coup il se lève l’air perdu, comme si je le ramenais à la réalité, puis il disparaît dans l’affiche de l’Etrange Noël de Mr Jack...la chambre est vide. J’en profite pour me faufiler à l’intérieur, tout est coloré et animé... chouette, y’a pleins de jouets !