Au premier vit un lyonnais, qui s’est déclaré seul dans l’appart mais la concierge m’a affirmé qu’il avait fait ça pour avoir plus d’alloc.
En réalité, ils sont des fois quatre à s’entasser dans le deux-pièces et plus souvent deux : Matthieu donc, et son pianiste Pierre Fayet. Je me souviens du jour où ils ont essayé de mettre le quart de queue dans l’ascenseur, qui ne fonctionnait pas d’ailleurs…C’était drôle.
J’ai vite appris à connaître mon nouveau voisin car comme moi, il était chat. Un curieux mélange de deux races, moitié chat Pitre, moitié chat Mot. Le mélange des deux est détonnant surtout chez l’humain. Matthieu est un farceur, une sorte de Peter Pan pervers qui tire sur tout ce qui bouge mais avec élégance, il n’arrête pas de me faire des blagues en cherchant l’œil complice de son pianiste. Hier, au cours de ma toilette intime, il chat-riait Pierre en lui disant : "s’il se nettoie, c’est donc ton frère." ( !) Mais le jeune homme est aussi poète et fin observateur quand il s’agit de parler d’amour, une graine d’auteur proche d’un Leprest ou d’un Bénabar. Je l’entends très souvent sauter sur son plancher, il est monté sur ressorts le gars, gouailleur et volubile, tel un chat Rlot qui ne laisse rien passer surtout pas ce que les humains aiment à cacher.