Vendredi 14 Mai - 18h30
Magic Mirrors
Fred est un drôle de gars. Un drôle d’artiste aussi, qui entretient presque involontairement le mystère sur la façon qu’il a eu de se retrouver là aujourd’hui. Taiseux et sage, aurait sans doute écrit Brel. Si l’homme est secret, il est aussi impressionniste. Et pas seulement à cause de ses chansons, juste parce qu’il procède par tâches, par aplats de couleurs et de formes pour révéler les choses et peut-être aussi son âme. Des couleurs et des formes qui prennent tout leur sens lorsqu’on se tient à distance.
Un premier six titres auto-produit il y a un peu plus d’un an lui avait permis de vérifier certaines choses ; l’envie, le goût, l’énergie et puis - last but not least - les chansons. Avec une vision du monde. Pas un commentaire, une vision ; ce qui change à peu près tout (L’homme Bio, Autour de Sade).
Cela étant, s’abandonner à d’autres, faire confiance a été, de son propre aveu, un véritable apprentissage pour Fred. “Quand tu travailles en équipe (Lou et Placido sur la production ; avec la collaboration de Camille Bazbaz et Denis Benarosh), tu te retrouves avec des gens qui vont fouiller à l’intérieur de ta tronche et te disent : ‘ça c’est intéressant et on le garde et on va bosser dessus. Ça, ça ne nous intéresse pas et on ne le garde pas’. C’est un peu difficile comme étape parce que ça te renvoit à l’image que les gens ont de toi. Qui naturellement n’est pas du tout la tienne. C’est un processus intéressant en tout cas parce que d’un côté, ça demande beaucoup de réflexion mais d’un autre, il ne faut pas en avoir de trop parce que c’est le moment où tu dois lâcher les choses, où la spontanéité a énormément d’importance. Bref, il faut sentir les choses...” A l’écoute des douze titres de son album, nul doute que Fred a très bien su “sentir ces choses”...