Non Claude Astier ne ferme pas sa gueule car il a des choses à dire, il chante sans concession ni respect du politiquement correct. On le dit épicurien, d’une gouaille incisive, lui revendique de faire de la chanson sociale pour dénoncer la connerie et les fachos.
Claude chante en faisant la manche pendant deux ans à partir de 1974, une bonne école de modestie. Il aime le jazz, le musette, le swing et les musiques latino-africaines, on retrouve cette alchimie musicale dans ses compositions. Claude a besoin de bouger lorsque ses activités ne le satisfont plus, comme une envie de jeter aux orties ses habits de préoccupations. A la manière d’un savant fou, un genre de Tournesol, le professeur Astier dans son laboratoire a inventé "Des articles hygiéniques, ménagers, pédagogiques, sécuritaires & décoratifs" : le sifflet antimite, le PQ pour gaucher, le dentifrice pour chauve, le vélo coupe-frites, le dentifrice noir pour aveugle, le fer à repasser pour manchots, et tant d’autres... Bref, difficile de s’ennuyer avec lui : des textes décapants, une écriture originale avec une jonglerie de mots, une musique très swing qui chaloupe sur une voix convaincante. Un chanteur impertinent qui fait chaud au cœur dans le conformisme ambiant.