L’autre soir, lors d’une bringue chez Babet où je m’étais faufilé, je tombe sur Mathias Malzieu, ou plutôt l’inverse…peut pas s’empêcher de slamer celui-là ! Bref, ma petite tête dépassant de son 44 fillette qui m’écrabouillait les côtes, je lui demandai qui était le nouveau venu, un dénommé Cyrz, débarqué il y a peu avec sa guitare.
Mathias empoigna un micro et me chanta : « Cyrz a un volcan dans sa chambre, un volcan à chansons. Sa musique ressemble aux mille cassettes volcaniques planquées dans sa chambre. Même odeur de plancher qui craque, mêmes chansons boisées au folk, banjo et guitare-harmonica transcendés par une langue tranchante à s’en faire saigner les dents. Mais surtout, il a su chanter exactement comme s’il nous racontait une histoire, tard dans la nuit, assis sur son lit. » Il est fou ce Mathias !
Intrigué, je décidai de grimper chez le nouvel arrivant. Sa piaule était conforme aux dires de Mathias, mais Cyrz n’était pas chez lui. Je le trouvai dans le couloir en compagnie de deux autres gars, patientant devant une porte en bois dont l’écriteau, bien qu’écrit en humain, m’intriguait : « Chacun son tour ». Je croyais que les toilettes communes n’existaient plus dans cet immeuble ! Que faisaient-ils tous les trois ici ? Cyrz venait juste de sortir de la pièce. Un type brun, mal rasé s’engouffra à la suite, je décidai de le suivre…