ADRIENNE PAULY

Dans cet immeuble de doux-dingue, j’ai ma préférée. Les femmes sont plus douces avec moi, et vu que cette année elles sont rares, je vais souvent leur rendre visite.
Ma voisine de palier, côté droit, est un peu fêlée, comme sa voix. La nuit, elle est discrète (enfin quand elle est chez elle !), elle écrit beaucoup, en se mettant dans la peau de gens de tous les jours : une caissière du Prisunic, une fille seule en quête d’amour...J’l’aime bien cette nana, c’est un sacré bout de femme, drôle, provocante et rêveuse. Sur son sofa, je croise souvent les caresses de Nicolas Ullmann, son guitariste, de Christophe Ernault, d’Adanowski et de Camille Bazbaz qui lui a appris ses premiers accords de piano. Elle est entourée d’hommes celle-là, le comble c’est que je l’entends gouailler à travers la cloison : « J’veux un mec ! » Capricieuse ? Son appart lui ressemble, élégant, destroy et glamour avec une discothèque passionnante : Fréhel, Janis Joplin, Iggy Pop, les Rita...Elle a emménagé il y a deux ans à peine, avant elle habitait un autre immeuble, plein de comédiens qui rient très fort, et comme ils faisaient trop de bruit pour rien, elle est venue s’installer chez nous, je pense pour un bon bout de temps...