
C’est l’histoire d’une vie, une histoire née dans les quartiers nord de Toulouse, il y a une quinzaine d’années, quand les sept vies de Zebda se sont transformées en une aventure commune. Zebda a tout misé sur le live et s’est frayé un chemin dans la jungle française du rock, du plus petit bar concert jusqu’aux grandes scènes, Zebda joue sa vie sur scène en chantant sa réalité prolétaire.
Deux ans ont été nécessaires au groupe pour accoucher de leur nouvel album « Utopie d’occase ». Sans filet et en toute humilité, Zebda a conquis une liberté supplémentaire en travaillant les contrastes, l’épaisseur des traits et le sens quitte à s’économiser en mots. Les cavalcades festives et engagées , les jongleries vocales toutes en tchatche véloce sont toujours les fidèles alliées du groupe, mais le climat général laisse filtrer une toute autre maîtrise de l’intensité. Incontestablement, Zebda sait aujourd’hui mieux alterner les temps de jeu, mieux faire vivre une mise en scène musicale.
Bref. Depuis treize ans, Zebda rêvait de voir pousser des fleurs sur les carcasses de voiture du bas des HLM. Après « Utopie d’occase », c’est toute une génération qui viendra arroser les graines.

On vit des choses, des grandes, des petites, des marrantes, des touchantes, des surprenantes...plein de choses. On s’en rappelle en riant, en soupirant, en échangeant. On essaie parfois de les oublier, souvent on les réinvente.
Volo nous chante ces moments, leur cisèle des mélodies et les rend inoubliables, quels qu’ils soient.
Ils sont 2, complices comme des frères (jusqu’à en avoir les mêmes parents), leurs 2 guitares riches et complémentaires, glissent d’un univers à l’autre, aussi à l’aise dans la ballade-volo, que dans le funk-volo, le rap-volo... le volo-volo.
Leurs paroles parcourent les cafés, le métro, les toits, les seins d’une contrôleuse, la télé, le pape...plein de gens, de moments, d’événements, drôles ou pas.
Ces deux gars natifs de Tours et qui vivent à Paris, ont débuté leur carrière à Saint Etienne il y a trois ans. Depuis, on a pu les apercevoir en première partie des Joyeux Urbains ou de Bénabar. Comme on aime les belles histoires, il était logique de les retrouver un jour ou l’autre dans l’antre du Magic Mirrors.

Dans les chansons de Vincent Delerm, on ne tombe pas amoureux d’une fille en particulier, on tombe amoureux de son appartement, des magazines qu’elle laisse traîner, d’une promenade à ses côtés à la ménagerie du Jardin des Plantes...
À 25 ans, ce rouennais ne rate pas une occasion de croquer le charme et la complexité des rapports humains (utilisant pour cela une écriture et un sens de l’analyse qui ne sont pas sans rappeler ceux de l’écrivain britannique Alain de Botton), dont il tire de véritables courts-métrages chantés.
Si son récent passé d’étudiant en lettres confère à certains de ses textes la mélancolie des dimanches soirs en cité universitaire (ce qu’il appelle son « côté jambon-purée-bougie »), son premier album nous emmène également vers une maison bourgeoise désertée à Chatenay Malabry, dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon et sous la pluie fatalement décevante d’un dimanche à Deauville.
Il faut dire que les références de Vincent Delerm se situent pour la plupart du côté du septième art : « écrire une chanson à la hauteur de Ma nuit chez Maud d’Eric Rohmer, voilà l’ambition absolue... »
De sa passion pour l’œuvre de François Truffaut, il a gardé une obsession d’alternance entre légèreté et profondeur, le goût d’introduire de la mélancolie dans les sujets anodins et des sourires voilés dans ses chansons les plus désabusées.
Le premier album de Vincent Delerm, arrangé par Cyrille Wambergue (Renaud, Thomas Fersen...), fait la part belle aux cordes et autres bassons ou cor anglais mais c’est seul sur scène qu’il tourne dans toute la France à un rythme effréné.

Dans l’univers de Vincent Baguian, ce qui frappe tout d’abord, c’est l’écriture. Un style sobre, parfaitement maîtrisé qui s’inscrit dans la plus pure tradition de la chanson française : il y a du Brassens, du Souchon voire des réminiscences de La Fontaine (les biches regardent avec dédain) dans ses textes. C’est l’humour aussi toujours présent comme le balancier du funambule qui, au-dessus du vide, permet de garder un équilibre incertain.
C’est sur ce fil tendu que Vincent se ballade, avec un faux air détaché, entre le rire et la détresse. Il parle de petites choses précises, décrit des petites scènes un peu ridicules qui, mises bout à bout, reconstituent notre vie. L’univers de Vincent est peuplé de gens malheureux qui nous font rire : “Pape à Noël”, “les vélos d’Amsterdam”, “elle du matin et lui du soir” et d’autres qui nous font moins rire tellement nous avons peur de leur ressembler : “Comme un vieux monsieur”.
Vincent ne chante pas vraiment ses chansons, il les raconte avec sa voix douce, son ton décalé par rapport à son physique sur des musiques un peu nonchalantes comme un orchestre de la Nouvelle-Orléans. Tout ça pourrait se passer un soir, au fond d’un bar, quand l’orchestre est déjà fatigué de jouer et que l’on commence à se raconter nos histoires...

Non Tété n’a pas changé, sa tête n’a pas enflé avec le succès grandissant. D’ailleurs avant la sortie de son deuxième album, il souhaite retrouver la magie des lieux intimistes pour nous faire partager ses nouvelles compositions, entre pop à l’anglaise et folk à l’américaine. À redécouvrir en solo.
Tété L’air de rien, vous ne connaissez pas Tété ?
Entre les éternels Bob Dylan, Hendrix, Gainsbourg et compagnie, entre les disques de jazz de maman et ses envies plus rauques, entre pop à l’anglaise et folk à l’américaine, l’air de rien Tété débarque du grand Est avec un univers tout soul de chansons douces en noir et blanc. Non, il ne mélange pas les langues. Il a commencé par se mettre en scène en anglais, la langue " plus chantante " de sa grand-mère native de Sainte Lucie, avant de se mettre à écrire en français, " qui par ses nuances est plus adapté aux textes sans musique ".
Depuis 1998, il s’est payé de bonnes tournées aux six coins de la France, il a offert des concerts à son public, de plus en plus de fidèles, nouveaux convertis tout autant, à l’art et la manière de faire vibrer les anecdotes du quotidien, les petites histoires qui racontent la grande aventure de tout un chacun. Des premières parties en tout genre, seul à la guitare, avec la force de ses convictions, du parti pris original plus que du banal savoir-faire.

Artiste phare de la nouvelle génération d’artistes algériens. Belle, généreuse, sensible et émouvante, elle déborde de talent et d’humanité. De sa voix douce et pure, elle fait chanter la langue arabe sur des morceaux proches du folk rock (en l’écoutant, certains évoquent Joan Baez ou Tracy Chapman). Son militantisme, sa popularité et son courage l’ont mise sous les feux des projecteurs.
Née à Alger le 23 août 1972, Souad est issue d’une famille d’artistes. Son frère aîné est compositeur, son frère cadet fait du new jack, sa petite sœur danse... Elle-même, très tôt, a su qu’elle deviendrait chanteuse. Jolie petite fille dotée d’un beau brin de voix, elle a suivi sagement des études de musique classique arabo-andalouse, de solfège et de musique classique universelle. Ces années d’études confèrent aujourd’hui une grande rigueur à ses compositions et un sens aigu de l’instrumentation juste.
Fondamentalement libre et généreuse, Souad Massi a 30 ans, une voix en or et un talent étincelant. Elle a inventé un folk rock algérien tout en finesse et en harmonies délicates, soutenu par des textes humanistes et sensibles.

Leur charme provient-il de leur jeu de cordes festif ou de leur maîtrise technique ? tout commence lorsque François Petit a vingt ans. Cet autodidacte mène une vie de Bourlingue entre Amiens et Reims, Paris et Lille. Années plus ou moins heureuses puisque dans la capitale, il intègre une prestigieuse école de jazz qui au bout du compte fini par le dégoûter. Un soir dans un bar de la ville, il fait connaissance d’un gitan caché derrière son accordéon. C’est Arnaud van Lancker. Leur amitié est immédiate et se scelle par un bœuf mémorable. François rejoint le groupe d’Arnaud, « Swing Gadgé » avec lequel il tourne cinq années durant. Puis l’envie de composer se fait sentir et il crée en 1998 Samarabalouf (bal fou d’Amiens), à l’image d’une formation manouche : une guitare soliste et deux instruments rythmiques (guitare et contrebasse). Pierrot Margerin, deuxième guitare, est le premier à participer à l’aventure. a la contrebasse désormais, il y a Luc Ambry. Il irrigue d’énergie les compositions de François et possède la même étincelle rythmique que Pierre.
La musique populaire, résolument accessible de ce groupe se résume en deux mots : émotion et partage. Avec leur deuxième album « la valche folle », le trio s’émancipe doucement de l’héritage manouche pour asseoir sa propre personnalité, simple, nuancée et généreuse.

Quatre ans se sont écoulés depuis ma dernière création au Café de la Danse...
Quatre années de tournée mais aussi d’écriture, de compositions, de rencontres avec des musiciens de tous horizons, passant du symphonique à l’intimité du piano ou de l’accordéon. Quatre ans de questionnement...
Et puis d’un coup cette évidence : on crée soi-même le chemin sur lequel on va avoir envie d’avancer.
Partage d’enthousiasme avec mon nouveau producteur Abacaba.
Ma nouvelle maison de disques Créon Music
Un nouvel album avec de nouveaux musiciens autant respectueux du passé qu’audacieux pour l’avenir.
Chance, en mars 2003, de créer, dans une formule complètement différente, mon nouveau spectacle au Théâtre Antoine Vitez à Ivry dans le cadre des résidences chansons
Nouvelle aventure avec Néry pour mettre en scène et m’aider à explorer une autre façon d’appréhender l’espace scénique...
Vous faut-il une autre raison pour vous persuader de ma bonne humeur ?...je suis heureux et entends le faire partager.
Romain Didier

Les Rita Mitsouko ont la beauté du mystère. De ces mystères qui parcourent l’histoire du rock et dont on aime tant parler, de ces secrets qui favorisent les rêves et les hypothèses qu’on ne souhaite surtout pas vérifier.
À l’heure ou le groupe publie son 6e album en vingt années d’existence, le chemin parcouru impressionne par la cohérence et la force qui s’en dégage. Fred Chichin et Catherine Ringer. Communion créative absolue ou réunion fortuite improbable ?
« La femme trombone » est peut-être à ce jour la brique la plus légère de la maison Rita. Les Rita Mitsouko ne semblent pas en âge d’accepter de limites à leur plaisir récréatif ce qui fait d’eux les poètes de l’impossible.
« La femme trombone » est avant tout un album de joies : joie de retrouver deux créateurs atteignant la plénitude de leur art. Joie de se prendre en pleine face l’énergie brute d’un groupe de guerriers qui part à l’assaut comme au premier jour. Joie de se laisser envoûter par la voix de Catherine Ringer, si familière qu’on avait oublié qu’elle pouvait vous fendre le cœur. Joie et simplicité des concerts d’un gang qui n’a pas attendu la sortie de l’album pour gâter son public si fidèle.
Enfin, joie de pouvoir suivre une fois de plus Catherine et Fred dans leur drôle de quête, dans cette poursuite d’une étoile belle car inaccessible.

Pinocchio court toujours
Depuis l’extraordinaire aventure du conte musical PANTIN PANTINE, Romain Didier avait l’envie de s’immerger à nouveau dans l’univers des enfants. L’école nationale de Musique et de Danse de Belfort lui passe commande d’une nouvelle œuvre pour chœur et orchestre, Romain y voit l’occasion qu’il attendait pour se tourner vers Pascal Mathieu pour le livret et les textes.
Est-il besoin de présenter Pinocchio ? Tous les personnages sont là : Pinocchio bien sûr, Gepetto, la fée bleu, le renard estropié et son complice le chat borgne et quelques autres encore...
Pinocchio court toujours...est une relecture très libre mais très respectueuse du roman de Carlo Collodi.
Interprété par la Maîtrise de la Loire - chœur de 60 enfants
Dirigé par Jean Baptiste Bertrand
Accompagné par un quintet professionnel : piano, clarinette, violon, violoncelle et flûte

Depuis deux albums, Mistigri torture et La trêve, nous avons appris à utiliser les bons mots pour évoquer Mickey 3D : simplicité, causticité et singularité. Avec ses trois petites valeurs en poche, la groupe a patiemment construit son petit paradis musical avec les moyens du bord.
Fidèle à ses racines, des principes de proximité et de modestie, Mickey 3D a ourdi ces nouvelles chansons dans le même esprit, en goûtant doucement aux plaisirs de l’aisance, en rajoutant un peu de super à l’ordinaire : un accordéon traditionnel pour souligner la mélancolie, un éventail sonore élargi, un périmètre d’ensemble plus spacieux, une multitude de petits arrangements pour renforcer les reliefs des compositions et mieux circuler entre acoustique, électrique et électronique. Juste de quoi reprendre son balluchon et sillonner à nouveau la France pour faire danser Jeudi pop pop, réviser son petit précis de l’authentique avec Ma grand-mère et grincer des dents sur Tu dis mais ne sais pas, offrir encore un peu plus cette écriture proche de l’os, gorgée d’acidité, de douce rébellion et de rêves simples.
Après, une salve de concerts (où le groupe s’est imposé comme un des dix meilleurs groupes de scène français) et une chanson pour Indochine (J’ai demandé à la lune), Mickey s’est remis à l’ouvrage sur l’établi et écrit quatorze nouvelles chansons. En compagnie de Aurélien et de la délicate Naja, ces titres ont pris forme comme à l’accoutumée, près des racines, à l’air libre, dans un studio à Ecotay l’Olme. Par petites touches, avec un souci constant du grain, du relief et de la justesse de ton, Mickey 3D affirme rigoureusement son identité sonore unique en filant un coup de blues à la pop, une dose de folk à l’électronique. Éteindre la radio, replier Libé, fermer la télé et écouter Mickey 3D, voilà désormais le programme de nos journées, Tu ne vas pas mourir de rire. C’est beau un groupe indé qui devient majeur.

Marie Paule BELLE chante BARBARA
Marie Paule BELLE a réussi le challenge d’imposer son respect pour l’authentique chanson française, écrite avec des mots justes et des mélodies harmonieuses.
Elle est une artiste qui offre un récital parfait au répertoire exigeant, dans lequel alterne avec bonheur, tendresse et fantaisie.
Aujourd’hui, Marie Paule Belle, consacre son nouveau spectacle au répertoire de Barbara qui lui avait donné son accord pour interpréter Nantes lors de son dernier spectacle. Une parenthèse dans la carrière de marie Paule, avant de revenir sur scène avec son nouveau tour de chant.
« Marie Paule Belle sait mieux que personne mettre en exergue la drôlerie et l’impertinence insoupçonnées de l’œuvre de Barbara. Mais loin de son image rigolote, elle sait aussi y insuffler une dimension dramatique. Quelques années après sa disparition, Barbara n’aura jamais été aussi chantée : dans les cabarets, dans les théâtres, tout le monde est en train de la reprendre. Marie Paule Belle est celle qui le fait le mieux.

Des textes, une contrebasse, une voix...pour des chansons pas chantées !
Certains l’ont découvert dans les bars, d’autres en première partie de La Rue Ketanou ou des Rita Mitsouko. Fort en thème, as de la geste, champion d’une langue facétieuse et poétique, Loïc Lantoine est un chanteur de « chansons pas chantées » qui impressionne et qui va compter. Auteur, il a déjà sorti quelques unes de ses plumes de couleur pour servir en chansons des interprètes tels que Jehan, Susy Firth, Nicolas Reggiani, Kalifa...Il est encore l’auteur de poésie et de quelques nouvelles.
Accompagné de François Pierron, son contrebassiste, ce trentenaire d’Armentières, inspiré par Frédéric Dard et Bernard Dimey, déboule ses élucubrations. Le cheveu ébouriffé, mains révoltées, le verbe facile, il scande des poèmes simples, rugueux, truffés de-ci, de-là, d’éclats d’amour.
L’univers de Loïc Lantoine nous est contemporain, la manière de nous en convaincre n’appartient qu’à lui. Il allume un phare, une puissante étoile, quelque part, entre chanson pas chantée, les contes rimés et la poésie populaire. Les mots aux cordes mêlés, qui improvisent sur le ring, nous balancent en pleine face le fruit de ce combat, chaude communication savamment orchestrée. Et les flèches décochées mouchent le cœur.

Au début, il y avait Denis Péan, jeune Angevin en colère, battant le pavé de sa ville en compagnie des rebelles et des saltimbanques. Pas vraiment musicien, plutôt shaman, faisant rêver ceux qui l’écoutaient ; un poète unique, mâchant les mots comme des rochers, caressant le vent avec sa langue. À ses côtés, déjà, Richard Bourreau, violoniste, aussi à l’aise dans le lyrisme que dans les tourneries haletantes.
Au cours des ans, le duo allait attirer dans son orbite des centaines de musiciens, acrobates, plasticiens... Lo’Jo Triban. Six membres à part entière, et plus de deux cents passagers en vingt ans.
Dans la galaxie des musiciens hexagonaux, les doux dingues angevins de Lo’Jo représentent une véritable exception multiculturelle. Inutile de définir leur musique : jazz, world, rock, chanson ? Un peu tout ça mais aussi java apache, bamboche tsigane, cérémonie vaudoue... Cette confrérie bigarrée va à nouveau en étonner plus d’un.

À l’heure où les bistrots ferment leurs portes aux chanteurs, à l’heure où dans la rue passe la dernière voiture toutes vitres ouvertes au chaos fracassant, entendre une chanson des Tit’Nassels c’est comme pousser la porte d’une boutique hors du temps. La voix d’Axel, la voix de Sophie, c’est la rue qui la porte, c’est la rue qui la mène, ici et là, d’une salle perdue à la scène d’un théâtre ou d’une maison de jeunes, partout ou quelques chaises entourent un maigre projecteur.
C’est pas du connu pourtant, c’est pas à la manière de, ça sort d’une guitare branchée sur la vie, d’un piano joué debout, ça sort trop tôt ou trop tard pour ceux qui aiment le bruit, mais ça vous prend, ça vous emporte sur quelques notes, quelques accords plaqués, quelques rythmes qui sont le battement même de vos rêves, de vos corps, de ce lieu aux allures de brocante où nos peines et nos rires défient le temps, cet étrange passant aux semelles de vent.
Dans un univers scénique meublé de bric et de broc lumineux, les Tit’Nassels nous invitent à entrer chez eux. Hep ! Venez visiter leur intérieur : bric à brac amassé tout au long de leur voyage en ballon, un regard, une parole, autant d’instants de vie partagés, conservés précieusement au fond de leurs valises.

Dans la lumière douce et tamisée d’un soir de Noël, sur fond de musique de réveillon, le brouhaha continue d’une galerie marchande, un pitoyable père Noël de grande surface effraie plus qu’il n’attire les enfants. C’est la grande quinzaine des fêtes de fin d’année...
Sur scène, quelques éléments composent l’intérieur confiné d’un salon douillet. On se croirait presque chez soi. Mais, on est chez Les Jambons...
Une contrebasse, deux guitares sèches, une batterie brocante, casseroles, set de spatules à enduit et autres objets hétéroclites mais toujours prétextes à la musique. Au fil d’une vingtaine de chansons, tour à tour robots mangas, poupées barbantes, beaufs en vacances...Les Jambons nous proposent un voyage au pays de nous-mêmes, épinglant scrupuleusement les travers de notre quotidien. Ils ont à peine forcé le trait.
D’une chanson étoffée et très arrangée au style épuré d’un « a capella » à quatre voix façon chorale, ce nouveau spectacle « Twist yéyé ! » allie humour, dérision, poésie, mais aussi propos.
Le dire en riant pour mieux le dire...

Depuis Les choses de rien (96), Benoît Morel, Pierre Payan et Eric Philippon ont roulé pas mal leur bosse sur toutes les routes de France, en ont récolté quelques-unes sur leurs fronts, et ont apporté un ton unique dans le panorama des groupes itinérants de l’hexagone. Avec T’es fou (98), Le Vent t’invite (2000), toujours chez un label indépendant et l’album live En vie (2001), première pierre dans le jardin d’une major compagnie, ils ont continué sans faiblir à tisser ce fil imaginaire qui les relie à un public dont la pyramide des âges (de 7 à 77 ans) donnerait le vertige à tout les Champollion statisticiens. Un fil à retordre, évidemment, tant ces insoumis préfèrent les échappées belles aux cloisonnements pavillonnaires, et les chemins de traverse aux tracés d’autoroute.
Ce nouvel album est le premier conçu comme un véritable objet de désirs et plaisirs autonome, sans penser aux lendemains où il faudra l’amener sur les routes. Eux qui cherchaient à adopter une approche plus musicale, plus ouverte sur l’extérieur, sont servis : les douze chansons du nouvel album arpentent des falaises musicales jusqu’alors considérées trop imprenable : reggae ondoyant, ska vitaminé aux cuivres, tentures orientalistes, polka relevée d’un accordéon rêveur, musiques des îles aux horizons zélés et aux parfums tranquilles.
" L’important, c’est d’être pas mort ". L’important, aussi, c’est pour La Tordue de ne jamais faiblir quant à ses engagements, ses révoltes et son désir d’agiter la fourmilière, comme le prouve cette magnifique chanson contre la double peine enregistré avec Dézoriental, Lo’Jo, Femmouzes T...

Dans une vie d’artiste, il arrive toujours un moment où l’on n’a plus besoin de se situer par rapport aux autres pour continuer d’avancer. Quand Kent a intitulé son avant dernier album « Cyclone », il ne se doutait pas de l’aspect prémonitoire de titre. Changement de manager, de maison de disque...Kent affirme volontiers qu’il aborde sa troisième vie.
« Kent sur scène, c’est une fête totale, un ravissement des yeux et des oreilles. Celui qui a troqué le néopunk de Starshooter pour la chanson en bonne et due forme habite toujours la scène comme un diable de rocker. Il y bouge, il y saute, il la traverse sans un répit. Surtout, il y danse à merveille, fort de ce petit déhanchement audacieux et sensuel qui n’appartient qu’à lui.
Et puis, bien sûr, il y a les chansons, belles, fines, nourries de toutes les influences que l’homme a su capter ici et là, au hasard d’une carrière pour l’instant exemplaire. Ces derniers temps on avait un peu perdu l’habitude de le voir seul sur scène, puisqu’il sillonnait la France avec Enzo Enzo. Pour être honnête, on se réjouit de le retrouver face à face avec le public. C’est là qu’il donne le meilleur, qu’il laisse éclater toute son aisance, sans contrainte ni garde-fou. À ce jour, on n’est jamais ressorti déçu d’un spectacle de Kent. Il n’y a pas de raison pour que cela change. »

Que de chemin parcouru depuis le temps où ils jouaient dans des abris bus près de chez eux dans les Yvelines.
Pendant leurs premières années d’existence, avec pour arme un premier album « Joyeux Urbains » sorti en 1998, le groupe enchaîne les cafés-concerts, les premières parties (Higelin, M, Têtes Raides, Paris Combo...), et se font rapidement un nom auprès du public et des professionnels.
Puis vient le temps de la confirmation et d’un nouveau virage avec leur deuxième album « Supersexy » en 2002. Le café de la Danse, la Cigale, l’Olympia et cinq soirées à l’Européen à eux tout seuls au mois de janvier 2003 prouvent que Arnaud Joyet, Mathieu Rieusset, David Roquier et Emmanuel Urbanet ont plus d’une corde à leur arc et ont su se sortir du piège du groupe divertissant.
Une mise en scène soignée signée Kristof Gendreau (membre des Wriggles), un groove musical qui n’appartient qu’à eux, et toujours cet humour et ce sens de l’improvisation qui est une marque de fabrique chez eux.
2004 sera marquée par leur dixième année d’existence. Le gang Joyeux Urbains avance doucement mais sûrement vers les hautes sphères de la chanson, et l’on s’en réjouit fortement.

Salut, Brassens
Adolescent, Joël Favreau, après sept années de piano classique a été brusquement privé de son instrument. Empruntant la guitare de son frère, il a cherché tout seul ses premiers accords en découvrant la musique latino-américaine, le jazz, la musique traditionnelle de tous les pays, ainsi que les chansons de Moustaki et Brassens, sans se douter que la vie lui offrirait le cadeau incroyable de travailler avec eux.
Au hasard des rencontres, il jouera aux côtés de Catherine et Maxime Le Forestier, Moustaki, Higelin, Duteil, puis il devient pendant dix ans le guitariste de Georges Brassens.
Guitariste de Georges Brassens pendant plus de douze ans, Il a été l’initiateur, l’orchestrateur et le réalisateur de l’album « ils chantent Brassens » où les plus grands de la chanson ont accepté de chanter chacun une chanson de Brassens.
Il est encore à l’origine de Paris salue Brassens, cette grande manifestation chaleureuse et populaire qui a fêté Brassens dans tous les arrondissements de la capitale.
Aujourd’hui, accompagné d’une contrebasse et d’un accordéon, Favreau nous fait visiter Brassens, avec une interprétation toujours fidèle, mais originale musicalement, faisant ressortir la dimension jazzy déjà présente dans les chansons.

Quand Jeanne Cherhal commença à faire parler d’elle dans sa ville de Nantes et plus généralement en Bretagne, le graphiste Sébastien Thomazo la dessina en trois éléments : une bouche, deux nattes, des touches de piano. Depuis Plantu, on sait que les illustrateurs ont souvent raison.
Jeanne Cherhal, c’est une bouche à histoires, avec une voix qui sait se donner des allures de petites filles comme des accents de chanteuse réaliste.
Jeanne Cherhal, c’est deux nattes au cas où, dès la première minute de scène, vous n’auriez pas compris que cette fille est espiègle, une qualité pas si répandue dans notre chanson.
Jeanne Cherhal, c’est un piano, un piano et rien d’autre, qui s’étire gentiment sous quelques phrases délicates qui vous claque un rythme à forcer les battements de mains, qui déboulent entre deux bordées de mots.
Dans ses chansons, Jeanne prévient, conseille, scrute son voisinage, le sourire carnassier mais la dent douce puisque tout ce manège, « c’est humain » ! Dans son théâtre de personnages qui frappent à la porte à tour de rôle, il y en a quelques-uns à ressortir habillés pour les quatre saisons. Chanson engagée alors ? Chanson humaine ou la maman raconte à sa fille, dans une sombre comptine, que si la mer est devenue noire, c’est que le Père Noël du commerce international l’a repeinte !.
Vous en dire plus sur Jeanne Cherhal, c’est révéler que son premier concert fut une première partie de Georges Moustaki, plutôt conquis d’ailleurs. C’est ajouter qu’elle est née il y a 24 ans près de Nantes, petite fille catégorie timide mais « un peu casse-cou » ; que la philo est son grand dada ; qu’elle écrit, compose et chante pour « creuser ce qu’il y a de mieux dans l’être humain, même si parfois ça fonctionne et d’autre fois pas ». Elle a même un secret, rien qu’à elle : « j’aime chercher le petit détail positif dans une situation négative. »
À bon entendeur...

Mélangeant les époques et les styles, Java se situe à la croisée de nombreuses influences musicales : chanson française d’hier et d’aujourd’hui, rap, trash-musette, et autres sonorités récoltées aux quatre coins du globe.
Java c’est l’association d’une orchestration acoustique avec des sons plus modernes issus de samples, ainsi que de la programmation, de la trituration et du bidouillage de notes encore vivantes. C’est aussi un univers propre au groupe. Java vous sert des textes engagés où se côtoient chansons réalistes, poésie, humour... C’est avant tout une formation de scène, où les samples se mêlent à l’accordéon. Fixi grand sorcier et artisan musical passe allègrement de l’accordéon au piano. Les deux compères Alexis le batteur et Jérôme "Pepoose" Boivin le contrebassiste assènent des rythmiques hallucinantes sur lesquelles le chanteur Erwan, de sa verve, porte haut les valeurs de la bonne chanson française instiguées par Gainsbourg, Ferré et les autres en les remettant au goût du jour.

Élevé au biberon folk, fan de Dylan et surtout de Malicorne, François découvre le punk sur le tard, après avoir pratiqué la vielle berrichonne, l’accordéon cajun ou la cornemuse celte, tout en écoutant Piaf et Fréhel en boucle. Bref, d’emblée l’homme cultive de furieux paradoxes, à l’image de ses allures de redoutable skin, masquant déjà mal une timidité et une sensibilité à fleur de peau.
Son premier album solo « et si que... ? » aurait pu être la dernière parution de Pigalle - tant la continuité est forte au plan de la démarche mais un Pigalle qui aurait poussé son parti pris d’ouverture musicale : la variété des climats évolue librement entre airs du terroir, effluves reggae ou poussées rock’n roll, accentue la fiesta communicative et ose l’hommage nostalgique et discoïde à Dalida, mais échappe à la complaisance rétro ou festive grâce à la noirceur de l’écriture et son optique contestataire. Cet ensemble volontairement disparate bichonne les mélodies dont les plus accrocheuses pourraient constituer le cheval de Troie du Hadji Lazaro nouveau.
Paroles et Musiques n’avait pas pu vous le présenter du temps des Garçons Bouchers ou de Pigalle, mais pour 2003, on vous l’offre en solo ! ! !

Gérard Morel est un authentique menuisier des mots. Les petites chansonnettes de rien du tout, qu’il commence presque en dilettante, ressemblent vite à des pièces de bois amoureusement travaillées. Il jongle avec les mots, il les tord, mais sans jamais leur faire de mal. On pourrait penser à Pierre Perret, sans la tristesse, ou à Boby Lapointe sans l’hystérie musicale.
Un look de tonton paillard de fin de banquet, calvitie et embonpoint débonnaires, derrière lequel le spectateur découvre, entre 2 éclats de rire, un artiste d’une sensibilité déroutante.
Gérard Morel vient du théâtre. À sa sortie du lycée, il fonde un groupe de comédiens amateurs, le théâtre de la Chenille, suit une formation d’animateur culturel, puis travaille pendant trois ans comme acteur et metteur en scène à Valence.
Gérard Morel à l’immense privilège d’avoir des « garçons qui l’accompagnent » : Christophe Monteil, guitare et contrebasse et véritable chef d’orchestre de la bande, Hervé Peyrard à la basse ou au saxo ou encore à la clarinette, et enfin Luc Chareyron qui caresse le piano de ses mains.

La thématique d’Entre 2 Caisses se précise et s’affirme : des chansons fortes ou tendres, humanistes, parfois même sociales, souvent humoristiques, d’une ironie infinie ou d’une tendresse féroce, des chansons qui parlent de gens, d’amour et de haine, de désespoir et d’allégresse, de paysages et de voyages, de la misère et du vin (et ils sont connaisseurs), des femmes, bien sûr.
Chez Entre 2 Caisses, il y a des compositeurs, mais pas d’auteur. Alors on cherche, on renifle, on plonge parfois dans le passé, on sollicite de plus en plus les vivants. On y trouve le XVIIIe siècle, avec ce bon chanoine de Latteignant, la fin du XIXe avec Gaston Couté, les années 50 du XXe avec Francis Blanche, et le XXIe avec des chansons sur mesures écrites par Allain Leprest, Romain Didier, Sarclo, Claude Semal....
Une chanson, c’est un poème dont la musique est partie intégrante. Gardons-nous de l’oublier ! mettre un beau poème en musique ne fait pas forcément une bonne chanson, ôtez la musique d’une chanson magnifique, vous n’aurez pas forcément un poème.
Les chansons sont portées par ces quatre voix rugueuses, à peine assaisonnées d’un filet d’accordéon, un grain de guitares, un soupçon de contrebasse. Des lumières, oui, des réverbères, des phares et balises, des étoiles, le soleil, la lune, une lanterne...Pas de sono, malheureux, tu vas tout gâcher ! C’est bien plus beau comme ça...

Bambin méchant, nain volant, cycliste indigné, diable accablé... répertoire original et décalé, l’univers d’Alexis HK est peuplé de personnages saugrenus et attendrissants. Servi par le bois d’une formation acoustique à l’énergie déroutante, l’ensemble donne un mélange saisissant de richesse, d’émotion et de dérision.
Son album « belle ville », sortie en octobre 2002, a séduit le monde de la chanson (radio, programmateurs, presse écrite...). Romantique et rétro, truffé de jeux de mots pétillants, il nous plonge dans l’ambiance des cabarets ou des petits bars parisiens.
« Habitué des collaborations avec des jeunes interprètes de jazz, auxquels il apporte une sensibilité exceptionnelle en tant que parolier, Alexis HK possède l’art particulier de s’adonner à la chanson comme on s’éprend d’un amour d’été : naturellement, légèrement, avec charme et persuasion. Mais attention, Alexis HK fait plus. Il fait sensation et affole l’auditoire par un talent qui force le respect. Représentant et espoir de la chanson française underground parisienne, auteur fin, conteur à la voix chaude, rien ne saurait décrire l’ensemble, qui conquiert à coup sur. L’acoustique lui va si bien qu’il en est entouré : la contrebasse de Mana Chabley, les guitares de Roman Yvon, accordéon, les percussions ou les flûtes de Marc Riou, accordéon, batterie, rien ne l’embarrasse. Il prend tout ou peu, en fait une chanson parfaite... Charme ou sortilège ? »